Uritrottoirs de Nantes, un gadget qui fait flop

2016 : le projet d’une startup nantaise.
Dès 2016 Presse Océan se félicitait de l’invention de l’Uritrottoir (sic : avec majuscule !) par deux designers nantais, Victor Massip et Laurent Lebot, et annonçait avec un flair infaillible :« Ça sent le succès ! »
L’opération s’était accompagnée d’un battage médiatique promotionnel retentissant dans la presse locale et nationale : on allait voir ce que l’on allait voir….
« Le bac révolutionnaire pour mettre fin aux pipis dans la rue » titrait Femme actuelle.
Nantes.maville.com se félicitait, dans un article aujourd’hui escamoté, que l’idée nantaise ait même séduit Paris.
Ouest France annonçait « Deux exemplaires vont être installés fin décembre à la gare de Lyon à Paris et trois "Uritrottoirs" devraient faire leur apparition dans les rues de Nantes au printemps 2017. »
Bref, l’invention de l’uritrottoir était annoncée comme LA solution contre l’énurésie festive nocturne.
Le Réseau Vivre la Ville ! s’en était ému, dénonçant « Une supercherie qui veut faire passer pour une innovation des comportements régressifs parfaitement cyniques »

Qu’en est-il à ce jour à l’épreuve des faits ?
Le 22 mai 2017, trois uritrottoirs ont été installés dans les rues de Nantes selon le Parisien.
Bilan à la mi-juin : l’un d’entre eux a été vandalisé rue du Moulin et a donc purement et simplement disparu (article de nantes.maville.com).
C'est celui–là même qui était présenté dans la vidéo inaugurale.

Un deuxième est toujours présent mais a été déporté, apparemment à la demande d'un restaurant peu désireux de cohabiter avec lui, à une extrémité de la rue où il se trouve désormais environné de poubelles.

Le troisième a été installé dans une rue en pente (et en travaux !).

Aucun de ces objets n'est assorti d'explications ou de mode d'emploi qui permettent de savoir qu'il s'agit d'urinoirs... Tout laisse croire au passant qu’il s’agit de simples bacs à fleurs.

Ces urinoirs ont coûté chacun 3 000€ à l’achat, sans compter les frais de fonctionnement et de maintenance… et sont utilisés pour environ 90 pipis par semaine, autant dire rien à l'échelle d'une ville comme Nantes (article de Presse Océan).
L’argent public ne serait-il pas mieux investi dans des toilettes publiques dignes de ce nom, dont puissent bénéficier les femmes comme les hommes et les enfants, dans des conditions qui respectent l’intimité des personnes ?

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